Ce post sera une énigme à résoudre !

Cette énigme m'a été donnée, ainsi qu'à ma promo de l'époque, par un enseignant quand j'étais en DESS Ressources Humaines.

Pour les plus jeunes, le DESS est l'ancêtre du Master 2 🙂

La consigne est simple: vous devez relier les 9 points ci-dessous, en traçant 4 droites, sans jamais lever votre crayon ?

La solution se trouve en fin de cet article.

Quel enseignement retirer de cette énigme?

Cette énigme pose la question du cadre de référence.

Un cadre de référence peut se définir comme la vision que nous avons du monde, de nous-même mais également des autres.

C'est un ensemble d'idées (nos idées) sur la manière dont le monde fonctionne ou devrait fonctionner.

En d'autres termes, c'est une grille de lecture qui nous permet, à chaque instant, de décoder les situations que nous vivons et de leur donner un sens, avant de réagir.

Cette énigme consistait à relier les 9 points ci-dessous, en traçant 4 droites, sans jamais lever le crayon.

Que nous enseigne t-elle finalement ?

Elle nous aide à comprendre que:

- certains problèmes peuvent sembler insolubles, dès lors que nous restons dans notre cadre de référence. 

- à l'inverse, si nous arrivons à sortir de notre vision habituelle alors nous pouvons trouver des solutions aux problèmes qui nous paraissent pourtant insolubles. Il faut, quand cela est possible, laisser place à notre créativité pour pouvoir sortir de ce cadre de référence, et emprunter d'autres voies. 

Cependant, et malgré notre volonté, nous pouvons sentir que sortir de ce cadre de référence, familier et rassurant, s'avérera difficile. Or, nous devons, malgré tout, faire face à des problèmes. C'est peut-être le signe qu'il faut faire appel à une personne extérieure, pour nous aider à réfléchir à des solutions nouvelles.

C'est ce rôle de personne extérieure que peut avoir un.e consultant.e spécialiste du handicap et des RH, qui connaît également les contraintes d'une entreprise.

Que m'a apporté cet exercice dans mon parcours professionnel ?

J'ai toujours gardé en tête cet exercice.

Lorsque j'ai été amenée à le faire (en 2002), je n'ai pas su sortir de mon cadre de référence. C'est quand j'ai eu la solution, que j'ai pris conscience de l'importance de ne pas rester enfermée dans un certain carcan. Je pense que je n'avais pas la maturité pour en comprendre réellement le sens.

Au cours de mon parcours dans les ressources humaines, je reconnais être restée dans mon cadre de référence, notamment lors de la réalisation d'entretiens, qu'ils soient de recrutement ou d'entretiens classiques.

J'avais établi et amélioré ma grille d'entretien tout au long des expériences professionnelles, je m'en servais et n'y voyais rien à redire. C'était rassurant pour moi, mais c'était aussi un gain de temps car mon cadre rendait fluide mes missions. Je n'avais pas à y revenir, ou à passer du temps dessus pour résoudre des problèmes.

Pour moi, cela fonctionnait, je n'étais pas en difficulté donc je n'ai pas eu à l'esprit de penser à en modifier la trame, voir d'en changer. Au mieux, je les adaptais en fonction du secteur d'activité, des métiers à recruter mais je suis restée avec ce cadre et les outils que je m'étais construite pendant toutes les années en RH, soit 12 ans.

Quand j'ai décidé de quitter les RH pour travailler dans le secteur du handicap, je n'ai pas pensé à changer mon cadre de référence, puisque je restais dans le domaine de l'emploi. J'avais des entretiens à réaliser, des diagnostics à établir... les outils que j'avais déjà vers moi, alliés à mon adaptabilité, allaient me permettre de faire les accompagnements. Là aussi, quelques modifications devaient faire l'affaire.

Du moins, c'est ce que je pensais ! 

Au bout d'1 an dans le secteur du handicap, il m'a été confié le suivi de personnes, pour la plupart ayant, soit une déficience intellectuelle, soit un trouble du spectre autistique, ou des troubles DYS. J'ai également été référente des personnes reprenant leur poste après un cancer, elles avaient pour la plupart une fatigabilité et parfois des troubles cognitifs.

J'ai démarré les entretiens d'accueil avec mon cadre de référence, car il était sécurisant pour moi. Mais cela n'a pas fonctionné, et très vite, j'ai dû imaginer une autre façon de procéder avec ces bénéficiaires; j'ai dû réfléchir à autre méthode. Avec mon cadre de référence, je n'arrivais pas à relier les 9 points en respectant les consignes.

J'ai dû me remettre en question, sortir de ma zone de confort, travailler sur des outils d'entretien qui soient adaptés. Je reconnais que cela demande du temps, que nous n'avons pas toujours quand nous devons mettre en place un processus de recrutement puis d'intégration.

C'est à partir de cette période (2018), que j'ai employé une expression qui résumait mes contraintes:

" Je devais revêtir mes lunettes autistiques / DYS / déficience intellectuelle".

Par cette image, je m'imposais de regarder l'insertion professionnelle des bénéficiaire non pas par ma vision (cadre de référence) mais par leur vision.

Je devais sortir de mon cadre de référence, revoir ma vision de ce que devait être un entretien productif et efficace. Productif et efficace pour qui ? 

Cela m'a permis, avec le temps et des formations, de développer mes connaissances et expertises dans le domaine du handicap, et plus particulièrement de ce qui a trait aux troubles cognitifs et aux troubles du neurodéveloppement. Cela m'a ensuite énormément aidé quand j'allais en entreprise pour permettre les recrutements des personnes que j'accompagnais. 

Solution de cette énigme

Une solution possible.